Portugal, le retour : to sum up

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Ça devient désormais une habitude à la fin de chacun de mes voyages ; voici ma vidéo qui résume ces deux semaines de vacances en famille. Entre sorties, discothèque, repas en famille, piscine, plage et découverte de Porto, pas le temps de s’ennuyer. Holidays off, memories on.

 

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Portugal : ce qu’on apprécie là-bas

Billet d’humeur #3

Olá ! Para este novo artigo, eu queria falar convosco do que os estrangeiros gostam quando vão de férias para Portug… Non je plaisante, je ne vais quand même pas vous écrire cet article en portugais. Je souhaitais simplement partager avec vous des raisons pour lesquelles les étrangers apprécient le pays du fado et des pastéis de nata.

Au Portugal, j’ai toujours eu cette sensation que même si les gens te connaissaient peu ou pas du tout, ils t’accueillaient toujours comme si tu étais des leurs. Cet été, je suis allée rendre visite aux voisins d’en face, avec mon oncle et ses enfants. Les enfants de ce couple de retraités jouaient avec mon oncle quand ils étaient plus jeunes. Et bien qu’ils se souviennent seulement de moi étant petite demandant à boire le fond de café de la tasse de mon père, ils m’ont accueillis chaleureusement dans leur maison, ont parlé avec moi et m’ont complimenté, tout en ajoutant que je serai toujours la bienvenue chez eux.

De même chez une cousine à ma mère. Ça faisait dix ans que je ne l’avais pas vu, elle et son mari. A l’époque, sa deuxième fille n’était même pas née, puisqu’elle a 5 ans à l’heure où je vous parle. Nous avons été dîner chez eux, parlé de musiques et d’avenir, rit ensemble. Elle m’a même dit : « Sempre serás a bem-vinda aqui. Se um dia estás aqui, liga e vem ver-nos, a sério. (Tu seras toujours la bienvenue ici. Si un jour tu es dans le coin, appelle et viens nous voir, vraiment ».) Que vous dire à part que ça fait chaud au cœur ?

Matílde

Matílde, qui n’était pas encore née il y a dix ans.

Même si le niveau de vie au Portugal a augmenté ces dernières années, une chose reste abordable (en tout cas ça vaut bien plus le coup qu’en France) : manger à emporter. Là-bas, vous avez la possibilité dans quasiment tous les supermarchés et aussi dans les restaurants, d’acheter des plats à emporter préparés sur place comme par exemple du riz avec des frites et du poulet, pour vraiment pas cher. Par chez nous, c’est commun de faire ça et appréciable de ne pas avoir à cuisiner de temps en temps. Cependant, la quantité est différente. Là-bas, les plats sont plus souvent servis en dose ou « meia-dose » (demi-dose) qu’à l’assiette. Une dose correspondant en général à deux personnes, mais la quantité est généreuse, on peut donc considérer qu’elle puisse convenir pour trois personnes. On commande donc en « dose » et on vient ensuite vous servir le plat sur la table : simple, généreux et convivial ! D’ailleurs en parlant de nourriture, les portugais vous recevront toujours chez eux en vous servant mille et une choses à boire ou à grignoter.

cMiam

En France dans les villages, on n’a pas tellement l’habitude de voir les gens sortir dehors, l’été, déambulant dans les rues baignées de soleil (en tout cas pas par là où j’habite). Mais au Portugal, là où nous sommes, les familles et personnes âgées sont de sortie tous les jours, assises sur les murets, jouant aux cartes ou marchant à l’ombre en dégustant une glace. Des fêtes de village rythment les vacances où des artistes viennent chanter, où on peut écouter de l’accordéon en dégustant des churros ou des « pipocas » (pop corn en portugais) et parfois même profiter des manèges. Ambiance traditionnelle garantie. Les églises sont décorées et s’illuminent une fois la nuit tombée, même l’été, et on n’attend pas la fête nationale pour faire des feux d’artifices puisqu’ils sont de rigueur quasiment toutes les semaines (on pouvait en voir régulièrement depuis la terrasse de ma tante). Bref, là-bas on aime faire la fête.

Vous savez quoi ? J’ai toujours été fière d’avoir ces origines en moi. J’ai toujours considéré ça comme une richesse, tout en ayant le regret de ne pas être bilingue (qui sait, peut-être un jour). Et je le suis encore plus quand je vois que le Portugal est la destination préférée des Français et que l’une de ses villes, Porto, a été élue meilleure destination 2017. Évidemment, comme tous les pays, il a ses défauts et ses qualités. Mais il est rare d’entendre quelqu’un de retour du Portugal dire qu’il n’a pas apprécié ses vacances… A vous désormais de vous faire votre propre opinion.

Les musiques qui ont rythmé mon été

Comme vous le savez peut-être, j’adore les musiques de style reggaeton, kizomba ou pop latino comme « Despacito » qui n’a cessé de tourner sur les ondes cet été ou encore « Vem dançar kuduro ». Ayant passé une bonne partie de mes vacances à écouter les musiques qui passaient à la radio, voici une playlist de 10 chansons que j’ai pu fredonner ou sur lesquelles j’ai pu danser cet été. Les sept premières sont chantées en portugais et les trois dernières en espagnol.

A r t i s t e  P o r t u g a i s

 

A r t i s t e s  B r é s i l i e n s

 

A r t i s t e s  A n g o l a i s

 

A r t i s t e s  C a p  –  V e r d i e n s

 

A r t i s t e  P o r t o  –  R i c a i n

 

A r t i s t e s  C o l o m b i e n s

 

4 sorties qui ont marqué mes vacances

PiscineCes deux semaines de vacances au Portugal sont passées trop vite, me voilà déjà de retour. Ça m’a fait tellement plaisir de retrouver le Portugal que je connais, avec ses lieux et ses habitants. J’étais heureuse de retrouver les membres de ma famille et de pouvoir cette fois-ci parler avec eux. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis déjà nostalgique de tout ça. Deux jours après être rentrée, je suis déjà en train de chercher les musiques latino sur lesquelles j’ai dansé en boîte et qui ont rythmé mon été. Laissez-moi vous raconter quatre sorties qui ont marqué ces vacances.

 

O PARQUE NACIONAL DO GERÊS
Dès le lendemain de mon arrivée, je suis allée avec mes cousines et les amis français de la plus grande au parc national de Gerês, à 40 min de chez nous. Il s’agit d’un bel endroit très montagneux, traversé par des fleuves et des rivières qui s’écoulent rapidement et se précipitent en cascades. Autant vous dire qu’on y trouve des paysages de carte postale ! Il faisait chaud et nous avions hâte de trouver un endroit où se poser pour se baigner après avoir pique-niqué. Nous avons mis 15 min à descendre le terrain rocheux et abrupt. Ma tante s’est étonnée elle-même d’avoir franchi cette pente parsemée d’embuches. Nous avons donc atterri dans un lieu vraiment beau, avec plusieurs coins d’eau entourés de rochers où il faisait bon se baigner. Je vous laisse regarder les photos, elles parlent d’elles-mêmes.

 

A   D I S C O T E C A
Avant de partir au Portugal, on s’était dit avec ma cousine Rafaela que faire une boîte là-bas serait vraiment cool. On avait prévu d’aller voir le chanteur Mickael Carreira un jeudi soir mais finalement ça ne s’est pas fait. En revanche, pendant qu’on était à Gerês, ma cousine m’a dit que Lucenzo serait dans une boîte à 13km de chez nous, boîte dans laquelle elle avait été avec ses amis français et qui leur avait plu. Le vendredi soir, nous voilà donc prêtes pour sortir. J’avais hâte de passer cette soirée avec ma cousine comme on aimait le faire en France. J’espérais entendre plus de musiques latino et ça a été le cas. Dès qu’on est arrivé, vers 2h du matin, je me suis directement dirigée vers la piste de danse, entrainant ma cousine avec moi. Au milieu de la nuit, Lucenzo a fini par faire son entrée sur scène. Ma cousine et moi chantions ses chansons. Nous avons dansé sur « Vem dançar kuduro », célèbre un peu partout dans le monde. On a eu l’opportunité de prendre une photo avec lui. Et puis après avoir dansé encore et encore, jusqu’à la fermeture, le soleil brillait déjà lorsque nous sommes parties, à 6h30. Nous n’avons pas senti le besoin de dormir en rentrant, mais je vous assure que nos siestes de l’après-midi nous ont fait le plus grand bien.

La deuxième fois n’était pas tout à fait prévue. En fait en France, avec Rafaela, on s’était dit que voir David Carreira serait notre plus grand kiffe mais malheureusement il ne se produisait pas dans une ville proche de chez nous, sauf un soir. Mais ce jour-là, ma cousine rentrait en France. Je m’étais donc résignée à cette idée, n’ayant ni ma cousine, ni de conducteur. Mais une fois là-bas, l’idée était toujours dans un coin de ma tête, une idée que je n’avais pas envie de lâcher, têtue comme je suis. Un midi, avec mon oncle et ses enfants, nous avons déjeuné chez sa tante et j’ai pu revoir des cousins. J’ai demandé à l’un d’entre eux si ça l’intéressait de venir en boîte jeudi soir. Il m’a dit en souriant que ce n’était plus de son âge, bien qu’il n’ait que la trentaine. En revanche, il m’a dit qu’il en parlerait à son frère, le plus jeune, qui arriverait dans la journée. C’est donc resté comme ça. Et puis le jour-j, je suis retournée chez eux avec ma grand-mère, pour en parler avec Bertinho, le plus jeune. « Não há problema, eu vou te levar com a tua prima (Pas de problème, je vous emmène avec ta cousine). »  Je lui étais vraiment reconnaissante. Plus tard dans la journée j’ai vu ma cousine, à qui j’ai dit, tout sourire : « Hey c’est bon, on y va !  Et tu sais qui nous emmène ? Bertinho ! ». Ça allait se faire, on allait finir par y aller ! Vers 1h30, il est passé nous prendre avec sa belle Mercedes CLA45 AMG noire. Une fois arrivés, on est allé danser, en attendant l’entrée de l’artiste sur scène. Et puis il a fini par arriver. Il était là, devant nous, entre les platines du DJ et la piste de danse. Il n’y avait plus cette barrière qu’est l’écran de notre télévision ou de notre ordinateur. Il était à quelques mètres de nous. Avec ma cousine, on s’est mise à chanter ses chansons. Chansons que je connais par cœur. Des musiques qui m’ont accompagné pendant mes trois années de cours de portugais. A chaque fois que je prenais le bus pour m’y rendre, ce sont ses musiques que j’écoutais. C’est à lui et à son histoire que je me suis intéressée et auxquels je me suis identifiée, avec qui j’ai trouvé des points communs. On a pu échanger quelques mots, faire une photo à ses côtés et obtenir un autographe. Vous savez, ce genre de moment passe tellement vite. On n’a pas le temps de sentir un parfum, un toucher. On vit le moment tout en sachant que le temps file entre nos mains, sans pouvoir l’éviter. Mais c’était un fait, j’avais vu David Carreira. ON avait vu David Carreira.

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P O R T O

Filetes de peixe com arroz de feijão pour ma part, délicieux !

J’ai également passé une journée à Porto pendant mes vacances avec mes cousines, ma tante et leurs deux voisines. Le midi, on a pu manger pour la modique somme de 3 euros par personne dans un petit restaurant, imbattable ! Porto est une ville où il fait bon vivre et où il est agréable de flâner. On y trouve de nombreuses boutiques de souvenirs mais aussi des monuments comme la tour des Clercs et le palais de cristal. Rien que la gare, dont les murs sont couverts d’azulejos, vaut le coup d’œil. La vue sur le Douro et le pont Luiz Ier est superbe, surtout avec les maisons colorées le long du fleuve. Il est aussi possible de se promener en bateau et de poursuivre avec une visite des caves du fameux vin portugais.

 

A PRAIA DE VIGO, EM ESPANHA
Nous avons passé une bonne journée à la plage de Vigo, en Espagne. Nous sommes arrivés tôt avec ma tante et mon oncle pour pouvoir avoir une place de parking ainsi qu’une table pour manger. Nous avons été au marché, juste au bord de la plage. Et puis à l’heure du déjeuner, j’ai retrouvé les joies du pique-nique à la portugaise : poulet, rissois, bolinhos de bacalhau, bifanas, trigos, salade de tomates et concombre avec super bock et sumol pour accompagner le tout, autant vous dire que nous avons mangé comme des rois (d’ailleurs, ça été le cas tout au long de ces deux semaines). Après ça, nous avons passé l’après-midi sur la plage. J’ai aidé mon cousin à faire un château de sable avant qu’on aille tous se baigner puis profiter du soleil. Le long de la plage, on trouve même des piscines dont l’accès est gratuit et où les enfants peuvent se baigner sans se soucier des vagues. Bref, une vraie journée à profiter du soleil.

Portugal : (vrai) retour et retrouvailles

Après 1 400 km de route, me voilà arrivée à destination. Le soleil nous a accompagné depuis le sud de la France jusqu’au Portugal. J’ai retrouvé ma grand-mère, souriante, à qui nous avons offert son cadeau d’anniversaire, qu’elle avait fêté deux semaines auparavant. J’ai posé mes premières affaires dans la chambre dans laquelle j’avais l’habitude de dormir avec mes sœurs, j’ai observé les photos de nous petites éparpillées dans la maison, j’ai retrouvé la petite cuisine au bois sombre. Dehors, il y a toujours cet énorme champ de kiwi et ce paysage montagneux au loin. Pendant qu’on déchargeait la voiture, on pouvait déjà sentir la chaleur, et le vent qui soufflait dans mes cheveux était donc le bienvenue. Ma tante, son mari ainsi que leurs deux filles sont déjà sur place, depuis une semaine et demie. Ça va donc être l’occasion pour moi de passer du temps chez ma grand-mère mais aussi chez ma tante, avec mes cousines.

Quel genre de programme pour ces vacances ?

D’ailleurs, en parlant de cousines, l’aînée est venue avec sa bande d’amis français, qui passeront deux semaines ici. A l’heure actuelle, ils ne leur reste déjà plus que quelques jours. Ma cousine, quant à elle, restera encore une semaine et avant nos départs respectifs, on avait déjà réfléchi à ce qui pourrait être sympa à faire ensemble :

  • Aller passer une journée à Porto, qui n’est qu’à une heure de route de chez nous.
  • Aller voir le chanteur Mickael Carreira à une fête de village, ça serait vraiment cool.
  • Et enfin se faire une boîte, où on espère pouvoir danser sur des sons un peu plus latino qu’en France.

Pour ce qui est du reste, les vacances risquent d’être tranquilles : rivière, piscine, plage, bronzette, restaurant, repas en famille… le farniente à l’état pur. Cela dit, j’ai quand même un objectif bien précis pendant ces vacances : parler le plus possible portugais. Que ce soit avec ma grand-mère (qui parle aussi français), avec la famille, avec les amis portugais de ma cousine, avec les commerçants, au restaurant, au bar… je dois prendre l’initiative de parler portugais. Ça ne devrait pas être compliqué parce qu’il ne s’agit pas d’une grande ville comme Lisbonne, où tout le monde parle anglais et où à la moindre phrase prononcée, les commerçants devinent que vous n’êtes pas vraiment portugais, même si vous essayez tant bien que mal d’aligner une phrase claire et correct, avec votre plus bel accent.

La vallée du Douro, dont le fleuve termine sa course à Porto.

Des vacances qui tombent à pique

Nous sommes désormais au mois d’août. L’été est bel et bien arrivé, en témoignent ces épisodes caniculaires qui ont traversés la France récemment. En revanche, j’ai l’impression qu’il est parti et que personne ne sait réellement quand il va revenir. Ceci dit moi je sais une chose, c’est que dans quelques jours je repars dans un pays que je connais bien, dans lequel je suis allée il y a… neuf mois maintenant. Parce que oui, j’ai décidé de repartir au Portugal pour deux semaines, mais pas n’importe où, chez ma famille. Cette fois-ci, je ne prendrai pas l’avion et je n’arriverai pas à destination après 2h de vol. Non, c’est un tout autre voyage qui m’attend en compagnie de mon oncle et de ses deux enfants, un trajet de 1 400 km sur la terre ferme, comme j’ai toujours eu l’habitude de le faire avec mes parents et mes sœurs.

2012. Cinq ans. 5 ans que je ne suis pas allée dans mon « petit Portugal traditionnel », 5 ans sans rendre visite à ma famille qui habite là-bas et tout autant d’années sans mettre les pieds dans la maison de mes grand-parents.

Généralement les jours qui suivaient notre arrivée, on se rendait chez ma tante où l’on fêtait l’anniversaire de ma mère et de ma grand-mère, qui sont nées à 3 jours d’intervalle, évidemment pas la même année. C’était l’occasion pour mes sœurs et moi de retrouver nos deux cousines. On aimait préparer des crêpes lorsqu’on se retrouvait mais en y réfléchissant, préparer des crêpes en plein mois d’août n’était pas forcément la meilleure idée du siècle, surtout quand il fait chaud. L’une d’elle (de mes cousines donc, pas des crêpes) parlait un peu français, puisqu’elle l’apprenait à l’école… ou plutôt au collège si mes calculs sont bons et la plus jeune connaissait quelques mots. Du coup, on a toujours opté pour la facilité et au lieu d’essayer de parler portugais avec elles, je parlais français avec l’aînée, qui a deux ans de moins que moi. Je sais, c’est pas bien… mais quand vous parlez à peine la langue et que vous savez seulement dire « Bonjour, » « merci », « au revoir », quelques gros mots que vous avez entendu de la bouche des grands et quelques mots que vous croisez régulièrement comme « glace à la fraise », « citron », « attention »…, on a pas tellement le vocabulaire nécessaire pour construire une phrase correct de A à Z. Enfin, une phrase peut-être, mais une conversation, ça devenait plus compliqué. Et puis ma tante parlait français, mes grand-parents aussi, alors bon…

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Depuis, les choses ont bien changé. Désormais je suis majeure, ce qui n’était pas le cas la dernière fois où j’y suis allée. J’ai mon bac, le permis, une licence en poche. Les mêmes cheveux longs, la même allure, mais avec quelques années en plus et l’expérience qui va avec. Entre temps, mes cousines sont venues habiter en France, avec leurs parents. Un bouleversement dans leur vie d’adolescente : changer de collège, changer d’amis, de maison, de pays. Avec pour seul repère, nous, leur famille, leurs cousines qu’elles connaissaient, qu’elles voyaient arriver tout sourire l’été, en vacances. On connaissait leur maison, leur univers ; elles ne connaissaient rien du nôtre. Elles n’étaient jamais venues à la maison, du coup ça a été l’occasion. Et puis maintenant, elles sont bilingues. Elles parlent toutes les deux aussi bien français que portugais, je trouve ça génial. Moi aussi, mes « facultés linguistiques » ont évolué en l’espace de cinq ans. Je n’ai plus peur de construire une phrase de A à Z, je peux même débuter et prendre part à une conversation, rien que ça. Et ça, c’est grâce à mes cours de portugais que je faisais en parallèle de la fac. J’avais une prof qui venait de Porto, adorable.

Donc j’en suis là, à préparer mes affaires pour plusieurs jours de paisibilité dans un cadre que je connais, et qui, vous le savez si vous avez lu mes précédents articles concernant Lisbonne, m’a manqué. Cela signifie aussi qu’à mon retour, il y aura très certainement de nouveaux articles sur ce blog, accompagnés de photos ! En attendant, j’imagine déjà le sourire de ma grand-mère sur le pas de la porte à notre arrivée, l’odeur du bacalhau assado, du poulet braisé, le goût de la Super bock, le champ de kiwi à côté de la maison, la vue depuis la maison de ma tante, les marchés, les chansons du village et le son de la langue qui a bercé mes étés.

 

Portugal : falas português ?

Billet d’humeur #2

Voilà plusieurs semaines maintenant que je suis revenue de mon voyage au Portugal. En regardant les photos, je me suis souvenue de certains faits surprenants qui ont rythmé cette semaine de vacances. Je fais le point ici avec vous.

dscf5277Commençons par les choses qui fâchent : les rabatteurs. Certains te laissent regarder la carte (et encore, ils sont peu), d’autres te saluent et s’approchent, au cas où tu ne saurais pas lire sans doute, alors que tout est traduit dans au moins cinq langues. Déjà en Grèce, c’est quelque chose que nous ne supportions pas avec Marion. Mais là à Lisbonne, j’en croisais devant chaque restaurant. Et lorsque dans une rue il y a dix restaurants, vous pouvez être sûrs qu’il va falloir affronter le même nombre de rabatteurs. Un midi, je regardais les cartes des restaurants pour avoir une idée des prix. Évidemment, je n’ai pas échappé à l’un d’entre eux : « -English ? Español ? -Não, português. » Déjà, il perdait des points car c’est une question qui m’exacerbait ; je vous en parle plus bas. Il a continué en me disant, en portugais : « On a du poisson, de la viande, ça dépend ce que vous préférez. Bon prix, bon prix ». Quittant la carte des yeux, je lui ai dit que ça ne m’intéressait finalement pas, tout en m’éloignant, tandis qu’il insistait : « Mais pourquoi ? C’est bon, on a de bons prix », ce à quoi j’ai répondu : « Oui, mais je ne veux pas manger ici ». Après avoir fait quelque pas, un des ses collègues, un autre rabatteur de ce même restaurant, m’a demandé : « -Pourquoi ? -Mais je ne veux pas manger ici. Et parce que les gens qui demandent comme ça, ça m’énerve. -Oui mais c’est notre travail. -Oui mais c’est le client qui décide. Et puis je sais lire. » Sur ce, je suis partie. Si leur restaurant est aussi bon que chacun le dit, alors ils n’ont pas besoin de racoler les gens comme ça, si ?! Caralho.

Une autre chose qui m’agaçait comme je vous le disais, c’était cette manie de demander « English ? Español ? » lorsque je rentrais dans une boutique, suivi d’un « Vous venez d’où ? ». Alors déjà à la première question, je répondais « Não, português ». Souvent, ils s’excusaient, sans doute de m’avoir prise pour une touriste. Ce que j’étais, oui, mais qu’à moitié finalement. Et à la deuxième question, je me demandais toujours ce que ça pouvait bien leur faire de savoir d’où je venais. Suivant le pays d’où l’on vient, les prix varient c’est ça ? Et parfois, même en répondant que je parlais portugais, certains me disaient « Mais vous n’êtes pas portugaise ? ». Sérieusement, ça s’entend tant que ça ? Bon, il ne faut pas faire de généralité, c’est vrai que certains étaient sympas, dont un duquel je me souviens. Quand je lui ai dit que j’étais française, il m’a dit : « -On ne dirait pas. -Ah bon, et on dirait que je viens d’où ? -Je ne sais pas, d’Italie ou d’Espagne » m’a-t-il répondu. Il m’a demandé quelles études je faisais, m’a dit que j’étais chanceuse de savoir parler plusieurs langues car ce n’était pas son cas et en partant, il m’a dit : « Fais attention à toi ».

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Menu pris en boulangerie composé… d’une soupe ! Pas mauvaise cela dit.

Si on parle désormais nourriture, sachez également que les McDonald’s portugais (oui, j’y ai mis les pieds une fois de plus, comme à Athènes, mais il faisait chaud et j’avais envie d’une glace…) proposent dans leurs menus des… soupes. Vous pouvez choisir de remplacer vos frites ou votre salade par une soupe, qu’elle soit aux choux verts (plat très populaire au Portugal certes, tellement populaire qu’ils l’a mettent un peu partout comme dans les menus en boulangerie, mais de là à l’inclure chez McDo…), aux petits pois ou tout simplement aux légumes. Après le McGreek en Grèce, on trouve aussi le McBifana au Portugal, adaptation du bifana, sandwich populaire à base de côte de porc assaisonnée avec de la moutarde ou de la sauce piquante, dans un pain chaud et moelleux. Il existe même des minis McFlurry pour le dessert ! Comme en Grèce, les prix sont sensiblement moins élevés qu’en France.

Quant aux gens que j’ai croisé, touristes et Portugais confondus, certains m’ont exaspéré (et oui, encore une fois) tandis que d’autre m’ont marqué. Vous allez voir. Prenons un Portugais que j’ai croisé à Sintra, lors de mon ascension jusqu’au palais de Pena par exemple. Il faut savoir qu’à Lisbonne et aussi à Sintra, des tuk-tuk se promènent un peu partout, proposant aux touristes de faire un tour sans se fatiguer. J’étais donc prête pour affronter le chemin pédestre de Villa Sassetti, lorsqu’un jeune Portugais, qui avait donc un tuk-tuk, m’a interpellé  : « -Hey, tu parles anglais ? -Non, portugais. -Mmh, tu viens d’où ? -De France. -Ahh, et comment ça se fait que tu parles portugais ? -Parce que mon père est français et ma mère est portugaise. -Ah d’accord, mais tu parles bien portugais, bravo ! Je t’emmène ? -Non merci, je vais y aller à pied. -A pied ? Mais tu vas te fatiguer ! -Non mais ça va aller. – Il faut plus d’1h pour aller là-haut (un peu Marseillais sur les bords, il fallait 45 min) -Non mais ça fait du bien de marcher. -Comme tu voudras. » Insistant me direz-vous ? Oui, je trouve aussi. J’allais dire que c’était de bon cœur, mais finalement en y réfléchissant je pense que c’était plus business is business.

Un soir, j’ai dîné dans ma deuxième auberge. Une femme s’est assise à côté de moi et nous nous sommes mises à discuter. C’est ainsi que j’ai commencé à parler de Lisbonne, du repas et surtout de ses voyages avec Margaret, une Irlandaise d’environ 45 ans, qui était rédactrice pour un magazine de voyage. Elle a voyagé dans de nombreux pays, de l’Australie au Brésil, en passant par l’Inde. Puis Kalindi, une Indienne dans les mêmes âges que Margaret, qui vit désormais aux États-Unis, est venue se renseigner auprès du chef (André, 28 ans, qui paraissait en avoir 23) concernant les plats qu’il préparait à l’auberge comme ceux de ce soir-là. Nous avons discuté tous les quatre, puis toutes les trois. Kalindi était très marrante et nous parlait aussi bien de la situation en Inde que des présidentielles américaines ou encore du fait qu’elle et son mari préféraient séjourner en auberge car c’était « plus sympa, plus convivial ». Elle nous a même confié qu’elle préférait les pizzas américaines car elle trouvait que celles d’Italie étaient « trop fines et pas assez garnies ». Margaret a souhaité que l’on fasse une photo toutes les trois et quand on a salué Kalindi, Margaret m’a prise dans ses bras, lâchant un « Nice to meet you ». Tenir une conversation en anglais avec deux femmes d’origines différentes, je vous assure que ça a le mérite d’être intéressant.

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Le dernier soir, j’ai dîné dans un restaurant qui proposait du Fado. Seule à une table, j’attendais mon plat. C’est alors que deux Français dont j’ai déjà parlé dans le précédent article, Ali et Rosy, sont venus s’asseoir à la table juste à côté. Ils m’ont proposé de rapprocher nos tables et une conversation s’en est suivi. Ils étaient vraiment sympas et c’est avec plaisir que j’ai pu répondre aux questions d’Ali concernant la cuisine portugaise. Puis j’ai fini par m’éclipser : « Merci en tout cas pour ces tuyaux, tu es très sympa ! Si jamais tu passes à Paris, viens nous voir à la « Casa Paco » » m’a-t-il dit.

En parlant de Français, au parc de Pena, un monsieur qui venait de l’hexagone écoutait les indications de l’hôtesse d’accueil concernant le plan du parc. J’écoutais donc les explications puis j’ai demandé un plan à la femme. En sortant, le Monsieur m’a dit « -Vous n’êtes pas Portugaise ? -Non, Française. -Ah, je me disais aussi. Vous venez d’où ? Vous voulez venir, je monte si vous voulez ! (il se dirigeait vers l’entrée menant au palais) -Non ça va aller merci, je vais commencer par le parc. »

Pour terminer cet article, je voudrais revenir sur quelque chose qui m’a fait rire. Après avoir franchi les 1 850 m d’ascension jusqu’au palais de Pena, j’ai pu profiter du palais et de son joli parc, paisible et agréable. Au retour, j’ai emprunté ce même chemin, qui cette fois-ci descendait. C’était donc beaucoup plus facile et rapide. Devant moi à un moment, se trouvait deux couples hispanophones. Une des dames, qui s’était arrêtée pour observer un panneau arborant le plan du chemin, s’est adressée à un homme qui devait être son mari en lui disant : « Estamos aqui Antonio ? Y tenemos de hacer todo eso ? Ouille ! », comprenez « Nous sommes ici Antonio ? Et nous devons faire tout ça ? Ouille ! ». Ça m’a fait rire et j’ai hésité à lui répondre : « Oui mais c’est plus facile que de venir de l’autre sens ». Mais j’ai préféré les dépasser sans rien dire.

Samedi : dernière journée lisboète

Comme vous le savez, aujourd’hui était ma dernière journée dans la capitale portugaise. J’ai traîné au lit ce matin, avant d’aller tranquillement prendre mon petit-déjeuner. Je suis ensuite allée me promener une dernière fois dans le quartier de Baixa, où je n’ai pas arrêté de négocier… (oopsi) Et je m’en suis plutôt bien sortie : pour vous donner des exemples, un t-shirt à 7€ au lieu de 10€, un petit porte-photo à 4€ au lieu de 6€. Ensuite, j’ai observé les rues, les boutiques et les passants. Puis une dernière fois le Tage et la place du commerce. A l’heure du goûter, je suis entrée dans une petite pâtisserie où j’ai acheté une part de torta de laranja, un gâteau à l’orange que je savais être typiquement portugais pour l’avoir déjà vu dans le nord mais dont je ne connaissais pas l’origine ; il vient en fait de Lisbonne. Franchement, il était très bon, le goût de l’orange étant plutôt subtil. Miam, un régal ! Dans la semaine, j’ai aussi mangé un pão de Deus, apparemment typique au Portugal, que je ne connaissais pas. C’est un genre de petit « pain » sucré recouvert de noix de coco (et j’adore la coco !), dont la texture se trouve en effet entre celle du pain et celle de la brioche. Simple mais tellement bon.

Tandis que j’étais rentrée à l’auberge pour manger tranquillement mon gâteau à l’orange, l’un des réceptionnistes de l’auberge, Gonçalo, est venu me voir pour me demander si tout allait bien. Il m’a demandé si je voulais qu’il me parle en français ou en portugais. Je lui ai dit que je préférais en portugais et il m’a répondu : « D’accord, le français est une langue que j’adore parler, en fait c’est ma langue préférée. Mais ok, je ne parlerai qu’en portugais avec toi. » Il m’a alors complimenté sur mon portugais et m’a demandé comment ça se faisait que je savais le parler. S’en est suivi l’explication. C’est là qu’il m’a dit : « Tu as raison de vouloir parler qu’en portugais, mais ici c’est très touristique. Si tu veux un quartier plus tranquille et traditionnel, rends-toi dans celui de Graça ou d’Estrela ». Il m’a alors expliqué comment m’y rendre. Il était déjà 18h, mais j’ai filé prendre l’ancien tramway 28E. Serrés comme des sardines (Portugais/sardines ahah, vous voyez le rapport ? Ils en sont de grands mangeurs), je suis arrivée dans le quartier d’Estrela (Etoile en français) un sumol à la main, où j’ai pu découvrir sa basilique, son parc et le marché de Campo de Ourique. Ce petit marché couvert, composé en fait de stands de nourriture rempli de fruits, de plats italiens ou de hamburgers appétissants (7€ le beau hamburger, c’est pas mal) était très agréable à regarder, d’allée en allée. En revenant dans le quartier du Bairro Alto, j’ai ensuite filé dans un restaurant qui proposait du Fado, chant populaire et mélancolique portugais. Seule à une table, un couple qui venait d’arriver et qui commentait le fait que l’endroit était étroit m’a dit « Ah tu parles français ? Mais viens, rapproche ta table ». C’est ainsi que j’ai dîné avec Ali, un Tunisien qui tient un restaurant de cuisine espagnole à Paris et Rosy, une Chinoise qui est partie vivre au Japon où travaillait son père à l’âge de 7 ans et qui a étudié à Angers. Autant vous dire que ce soir, notre table était culturellement colorée. Ils sont arrivés à Lisbonne ce matin et resteront ici pour le week-end. Ali m’a dit que c’était bien que je voyage comme ça, seule, et que j’avais l’air débrouillarde. Rosy m’a quant à elle confié qu’à mon âge, elle avait peur de tout et encore plus de partir à l’étranger. C’est donc en mangeant mon bacalhau à brás que nous avons discuté. Puis après quelques autres notes de Fado, je m’en suis en allée. « Merci en tout cas pour ces tuyaux, tu es très sympa ! Si jamais tu passes à Paris, viens nous voir à la « Casa paco ». Bonne soirée et bon retour ». C’est sur ce moment de partage que s’est terminé mon dîner et dans mon lit que se termine tranquillement ma soirée. Mon voyage touche à sa fin et demain, je serai de retour chez moi.

Vendredi : quartier de Belém

Comme je vous l’ai dit hier, j’ai consacré mon vendredi au quartier de Belém. Pour la petite histoire, c’est de là que sont partis beaucoup de grands explorateurs portugais, point de départ des navires partant à la découverte monde. C’est notamment l’endroit d’où est parti Vasco de Gama en 1497, célèbre navigateur portugais dont on a tous déjà entendu parler. Je m’y suis donc rendue en train, rapide et bon marché. Après 7 min de trajet, j’ai marché le long du Tage jusqu’à arriver au padrão dos descobrimentos, symbole de l’épopée portugaise à la conquête du monde. Diverses statues y sont sculptées, celles des grands navigateurs ; on y retrouve à la proue Henri le Navigateur (pour qui le monument a été construit en son hommage, à l’occasion du 500ème anniversaire de sa mort) mais aussi le roi Dom Manuel Ier, le poète Luís de Camões, Vasco de Gama, Magellan ainsi que d’autres figures marquantes de l’histoire lusitanienne. Un peu plus loin, on trouve la fameuse torre de Belém, « les pieds dans l’eau ». Construite à la base par le roi Manuel Ier pour garder l’entrée de l’ancien port de Lisbonne, elle est elle aussi née pendant la période des découvertes. L’édifice commémore d’ailleurs l’expédition de Vasco de Gama. Mais très vite devenue obsolète d’un point de vue défensif, la tour a servi tour à tour (sans jeu de mots) d’arsenal, de prison, de point de paiement de taxes pour les navires et même de capitainerie du port de Lisbonne.

Ensuite, j’ai fait le tour du jardim da praça do Império, juste en face du monastère des Hiéronymites. A ce propos, le monastère a été en grande partie financé par les profits du commerce d’épices et grâce aux richesses rapportées des grands voyages de découverte portugais du XVIe siècle. Comme quoi, les épices, ça rapportait à une certaine époque. Finalement, on a tous des richesses dans notre cuisine… Après ça, je suis restée bien une heure et demie, dans le jardim de Belém, assise sur un banc, à penser puis à écouter de la musique. Certains d’entre vous savent à quel point je pense beaucoup. Peut-être trop. Je me suis promenée dans quelques rues voisines et suis tombée par hasard sur la boulangerie « A antiga confeitaria de Belém », dont j’avais déjà entendu parler sur internet, car réputée pour être celle où l’on fait les meilleurs pastéis de Belém. Aussi appelés « pastéis de nata » partout ailleurs au Portugal, mais les originaux venant de Belém, ils seraient fabriqués selon une ancienne recette du monastère des Hiéronymites, situé donc juste à côté, avec le même processus artisanal. Sincèrement, j’ai longtemps hésité avant d’y entrer. Déjà parce que pour y être passée devant plusieurs fois dans la journée, il y a toujours la queue, c’est plutôt incroyable (autant vous dire que les employés n’ont pas le temps de se tourner les pouces), et parce que justement à force d’être recommandé, je me suis demandée si le lieu n’était pas devenu plus touristique qu’autre chose. Mais j’aurais peut-être regretté d’être passée à côté du pastel de Belém, à Belém. Donc je me suis pointée dans la boulangerie, demandant un unique pastel, histoire de goûter. Dans la ville où j’étudie, une boulangerie fait aussi les pastéis de nata et je voulais comparer. Au prix d’1,05€ l’unité (tout de même coûteux selon moi pour un petit gâteau), j’ai tout de même beaucoup aimé. Plus crémeux que ceux que j’ai déjà goûté en France, avec un goût bien vanillé, sa pâte croustillante et de la cannelle/sucre glace pour l’accompagner, celui que j’ai mangé était fort bon. Je me suis promenée une dernière fois avant de prendre un bus pour retourner dans le centre de Lisbonne, où se trouve ma cinquième et dernière auberge. C’est incroyable comment à cette heure là, les  transports en communs étaient bondés à Belém ! Bus, tram et tram anciens, tous étaient rempli de monde et tant que les contrôleurs estimaient qu’il restait de la place, les gens rentraient. Heureusement, j’ai eu une place assise. De retour dans le centre, j’ai ainsi pu observer le coucher du soleil sur le pont du 25 avril. Puis je suis rentrée à l’auberge, tranquillement.

A l’heure où je finis cet article, 23h45 précisemment (certains savent aussi à quel point j’aime les détails), un mec est en train de jouer « The house of the rising sun » à la guitare et il joue bien. Demain, dernière journée lisboète. Je vous laisse.

Jeudi : dernière journée à Sintra puis retour à Lisbonne

Ce matin, je me suis levée à 8h30 pour pouvoir visiter tranquillement les deux derniers lieux que je souhaitais voir. Première à l’office de Tourisme et dans le premier bus de la journée (oui pour cette deuxième journée, j’ai préféré prendre le bus), j’ai commencé par la visite du palácio de Montserrate et de son parc. C’est l’un des plus beaux exemples du style arabe. C’est vrai que le palais est superbe et on y trouve des similitudes avec celui de Pena, car lui aussi est marqué par le romantisme. On ne se lasse pas d’observer ses formes arabesques et les détails de son plafond. Je me suis ensuite promenée dans son parc, dans lequel on a parfois l’impression de se trouver dans la jungle.

Puis je suis allée à la quinta da regaleira, où se trouve un espèce de château (je n’appelerais pas ça un palais) de style néogothique. Son jardin est agréable et surtout mystérieux. Des grottes souterraines nous font traverser le parc facilement. A l’entrée de celles-ci déjà, on sent l’air frais s’en échapper. C’est d’ailleurs assez surprenant de sentir autant de fraîcheur d’un seul coup alors qu’il fait 28°c dehors. Son « puits initiatique » est vraiment bizarre et on se demande comment il a pu être construit. Sincèrement, cette visite est celle qui m’a le moins plu. Déjà parce que le château est de style néogothique, ce que je n’aime pas du tout. Et en plus parce que son intérieur était boisé, sombre et que selon moi, si Dracula avait élu résidence ici, ça ne m’aurait pas étonné. J’ai d’ailleurs pensé que fêter Halloween dans ce genre d’endroit devait être extrêmement flippant (je parle du château mais aussi du parc).

Après cette dernière visite et avoir fait travailler une fois de plus mes gambettes, j’ai récupéré ma valise à l’auberge, puis j’ai pris un train en direction de Lisbonne dans l’après-midi. J’ai dû, une fois de plus, gravir de nombreuses marches dans une sacrée montée, avec en prime ma valise à porter, avant d’arriver à ma quatrième auberge. Demain, ce sera direction Belém, dans l’ouest de Lisbonne. (Ah oui et je ne vous ai pas dit, mais j’ai en effet bien dormi cette nuit).

Mercredi : journée sportive et visite de deux palais à Sintra

Première étape de ma journée de visite à Sintra : me rendre dans le centre, non loin de mon auberge. Une fois devant le palácio nacional de Sintra, je suis allée à l’office de Tourisme avant de débuter mon ascension vers le palácio nacional da Pena, situé dans les hauteurs de la ville. J’y suis allée par le chemin pédestre Sassetti : c’était parti pour 1h de marche, 1,4 km de montée. Je ne vous précise pas à quel point ça a été très sportif et que mes jambes ont forcément travaillé plus qu’elles n’en ont l’habitude. Mais ça en valait la peine, rien qu’en voyant dès le début le paysage floral et la vue sur Sintra au fur et à mesure que je montais. Une fois arrivée au bout, je pensais que j’en avais fini mais à l’entrée du parc, il fallait justement traverser en partie celui-ci (1,2 km et 14% de montée), avant de pouvoir apercevoir et enfin entrer dans le palácio da Pena (classé paysage culturel-patrimoine mondial par l’UNESCO). Et sincèrement, en voyant ce si beau palais, on se dit que faire toute cette route vaut totalement la peine. Dès l’entrée, on aperçoit un édifice haut en couleurs, avec ses tours jaunes et rouges. On visite les différentes pièces du palais. D’inspiration orientale et témoin de la période romantique, on en prend plein les yeux, on apprécie, on ne se lasse pas. La vue est superbe, le palais magnifique. Vraiment. Au loin, on aperçoit même le castelo dos Mouros. Après avoir visité le palais et l’avoir longuement apprécié, j’ai profité de son parc, bucolique et paisible. Puis je suis retournée dans le centre de Sintra, par le même chemin, bien plus facile à descendre qu’à monter…

Puis direction le palácio nacional de Queluz (monument national), cette fois-ci en train, seule façon de s’y rendre. Mes jambes ont réussi à me porter jusqu’à ce palais que l’on appelle le « Versailles portugais », même s’il est plus petit mais néanmoins tout aussi beau que celui que l’on connaît. En effet, résidence d’été au XIX siècle, le palais accueillait par intermittence la famille royale, dont Dom Pedro IV durant son enfance, qui deviendra Roi du Portugal et Empereur du Brésil. Le palais a également été la résidence de Don Quixote. Les différentes pièces que l’on découvre au fur et à mesure de la visite sont superbes. La salle des ambassadeurs, avec ses lustres en cristal, fait vraiment penser au château de Louis XIV. On y trouve également un jardin fort beau, fait de labyrinthes et de parterres floraux. Autre point, l’École Portugaise d’Art Équestre se trouve dans les jardins historiques de Queluz.

Après en avoir pris plein les yeux, il était temps pour moi de rentrer à l’auberge. J’ai apprécié ma douche, mangé tranquillement et profité de l’espace commun. Je ne pourrai que bien dormir cette nuit. Après 8h de marche, j’en suis convaincue.

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Mardi : quartier de l’Alfama puis direction Sintra

Après le petit-déjeuner copieux de ce matin, je me suis longuement tâtée à me promener dans le centre car de la pluie était annoncée. Finalement, j’ai tout de même décidé de sortir pour me rendre dans le quartier de l’Alfama, plus à l’est. De ruelle en ruelle, je suis parvenue jusqu’à la cathédrale Sé de Lisbonne, l’église São Vicente de Fora et le panthéon national. J’ai même trouvé les miradouros que je cherchais, c’est-à-dire celui de Santa Luzia et celui de Portas do sol. Ensuite, je suis retournée au Castelo São Jorge, où j’avais été hier (sous la pluie), pour cette fois-ci entrer dans son enceinte. Le miradouro du château offre une vue sur Lisbonne et le Tage. De là, on peut voir la place du commerce, le Cristo Rei, le pont du 25 avril, l’ascenseur de Santa Justa, la gare de Rossio où j’ai passé la nuit, l’avenida da Liberdade, bref plein de lieux connus de la ville. Finalement, j’ai bien fait de sortir car il n’a absolument pas plu. Après avoir longtemps gambadé, je suis retournée à mon auberge pour récupérer ma valise et « sauter » directement dans mon train (c’est au sens figuré mais en même temps pas tant que ça), direction Sintra. En effet, la construction de la gare de Rossio a débuté en 1888 pour desservir sa région. Je ne pouvais donc pas trouver meilleur point de départ pour cette ville que cette auberge dans cette gare. Il est 16h01 (heure locale).

Une fois arrivée à Sintra, après 40 min de trajet, je me suis mise en quête de ma troisième auberge. A ce moment précis, en marchant sans trop vraiment savoir où aller, je me suis dit « Mon dieu, je ne vais pas la trouver ». Il m’a suffit de tourner la tête pour apercevoir le nom de celle-ci indiqué sur un panneau. Je crois que ça s’appelle la chance. De toute façon ça tombait bien, car la pluie commençait à tomber. Me voilà donc dans une nouvelle auberge. Le cadre est sympa et dans la chambre où je suis, nous avons même une salle de bain privative !

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Lundi : je flâne dans les rues et je sors mon parapluie

Après la journée d’hier, j’ai passé une très bonne nuit. C’est sans doute à force de marcher, mine de rien ça fatigue. Je suis tranquillement descendue pour prendre mon petit-déjeuner, avant de repartir à la découverte de la ville. Je me suis rendue dans ma deuxième auberge de jeunesse qui se trouve dans la gare de trains de Rossio… originale !  En effet, elle se situe à cinq mètres des trains. Mais quand je vous dis à cinq mètres, c’est vraiment à cinq mètres. Tu peux être en retard sans problème, ton train ne peut pas être plus proche ! Après y avoir déposé ma valise, je suis retournée au miradouro de São Pedro de Alcântara. J’ai demandé à un monsieur, qui exposait ses petits cadres aux photos de Lisbonne, où est-ce que je pouvais trouver la fameuse rue où de nombreuses photos sont faites avec le tramway jaune. C’est aussi la photo de mon fond d’écran de portable. Il m’a gentillement donné des indications que j’ai donc suivi et je me suis retrouvée dans le quartier du Chiado, où j’ai commencé à aller de rue en rue. Je suis tombée sur une boulangerie sympa, la « Padaria portuguesa ». J’y suis donc entrée pour déjeuner, avant de flâner à nouveau dans les rues du quartier, à la recherche du lieu que je cherchais.

C’est en allant de rue en rue, un peu au hasard, après avoir suivi différentes lignes de tram, que j’ai trouvé LE lieu que je pense être mon fond d’écran. Je vous mets les photos plus bas. Ensuite, j’ai trouvé aussi un peu par hasard le miradouro de Santa Catarina, qui offre une vue sur le Cristo Rei et le pont du 25 avril. Puis je suis revenue dans le centre, dans le quartier de Baixa, direction le Castelo de São Jorge. Je savais qu’ils annonçaient de la pluie aujourd’hui, mais à 17h heure locale, pas à 15h30… C’est une fois arrivée sur la colline la plus haute du centre historique (quelle montée !), à l’entrée du château, qu’il s’est mis à pleuvoir fortement. Et oui, on sait qu’il pleut parfois dans toutes les villes mais on ne décide jamais du jour. Je  suis donc redescendue, me mettant à l’abri un instant en pensant que la pluie allait se calmer mais que nenni, je suis rentrée en quatrième vitesse. Heureusement que j’avais mon parapluie et je remercie mes chaussures de ne pas avoir pris l’eau.

J’ai donc fini par rentrer à l’auberge, pour prendre une bonne douche et me poser tranquillement sur cette petite méridienne bien confortable, depuis laquelle j’écris cet article. Ma deuxième auberge est vraiment vraiment chouette ! Je vais quand même dormir dans un bâtiment situé à l’intérieur de la gare, qui elle est de style néo-romantique et classée monument national ! La chambre est cool, même si je ne me serais jamais imaginée dormir un jour avec neuf autres personnes que je ne connais pas (mais je le redis, il faut un début à tout). Et puis la partie commune est tip top aussi, avec des musiques que j’adore comme « Side to side » d’Ariana Grande ou « Let me love you » de Justin Bieber qui passent en fond. Bonne ambiance !

L’aller : ça commence bien…

Dans l’article précédent, je vous disais que mon avion avait eu du retard. En effet, nous avons su, une fois à bord, que le brouillard matinal en France avait rendu les atterrissages difficiles, créant donc un retard qui s’est accumulé au fil de la journée. Mais j’ai été au courant de ce retard bien avant par mail, via lequel on pouvait voir le « flight tracker » de l’avion… qui partait de Budapest au moment où je regardais et qui affichait déjà une heure de retard. Mais cela n’était pas indiqué sur les panneaux de l’aéroport, ce qui a commencé à me rendre nerveuse. Mais ceci n’a pas été le seul aléa. Une famille, à côté de moi, s’est mise à parler de « bagage suspect », la mère répondant à l’une de ses filles qui était stressée : « Si ce n’est pas une fausse alerte, nous serons bien contents qu’ils l’aient fait ». Pas du tout rassurant, on est d’accord. En me rendant donc à un guichet pour me renseigner quant à un éventuel retard, un père était énervé car sa fille, qui devait partir pour Cardiff, n’avait apparemment pas été « prioritaire » pour le vol et devait partir le lendemain, mais ça faisait déjà 6h qu’ils étaient à l’aéroport. Je vous avoue, toute cette agitation m’a stressée. Mais une fois les contrôles passés, celle-ci est redescendue. J’ai donc patiemment attendu que mon avion arrive… J’ai passé l’embarquement, où, comme pour tout le monde, l’une des hôtesses a vérifié ma carte d’embarquement et ma carte d’identité. Mais une fois dans l’espèce de couloir qui mène jusqu’à l’avion, en attendant l’autorisation pour nous d’y entrer, l’autre hôtesse est venue me voir : « Excusez-moi mademoiselle, vous êtes majeure ? ». Après lui avoir répondu que oui, elle m’a demandé ma carte d’identité. Elle m’a remercié et est repartie. Des gens derrière moi ont plaisanté en disant « Et bien c’est que vous faites plus jeune que votre âge, gardez ça ! ». Oui même si sur le coup, je me suis tout de même demandé ce qu’elle me voulait.

Une fois arrivée, après avoir pris le métro pour me rendre à mon auberge, j’ai dû trouver la rue où celle-ci se trouvait. Je me suis dirigée dans l’une d’elle, puis dans une autre. La troisième était la bonne. Je suis entrée dans une boutique (étonnement ouverte, il devait être 21h30), pour demander mon chemin. Ça y est, première phrase en portugais de faite. Dans la rue, je cherchais le nom de l’auberge. Je suis tombée dessus par hasard… ouf, le soulagement. Je suis donc arrivée à l’accueil, où j’ai rapidement fait mon check-in. Ensuite, c’est un homme, João, qui s’est présenté à moi et qui m’a fait faire le tour du propriétaire. En apprenant que j’étais française, il m’a demandé si je voulais qu’il me donne les explications en français ou en portugais. « Je dois améliorer mon portugais alors faisons-le en portugais ». Ni une, ni deux, nous sommes passés par les espaces communs, la cuisine, avant de monter deux étages plus haut et de terminer par la chambre. Il m’a serré la main et m’a lâché un « Ravi de te rencontrer, profite d’ici comme si c’était chez toi » avant de partir. Avant de me coucher, je me suis rendu compte que le nom de la chambre où je suis est « Algarve ». C’est le nom de la dernière région que j’ai visité la dernière fois que je suis partie au Portugal avec mes parents. Un bel hasard.

Je vous ai également dit que mon plus grand plaisir était d’entendre tout sauf du français une fois arrivée dans le pays de destination. Hélas à Lisbonne, les touristes français sont nombreux (les touristes tout court d’ailleurs). Des familles par-ci, des couples par-là. C’est d’ailleurs pour ça que je considère que voyager à Lisbonne ne remplacera jamais pour moi le fait de me rendre dans le nord du Portugal, dans le village de mes racines, authentique et cher à mes yeux. En fait en arrivant à Lisbonne, je ne me sentais pas vraiment au Portugal. C’était une sensation étrange. Bizarre me direz-vous ? Je trouve aussi. Peut-être est-ce dû au grand nombre d’étrangers qu’il y a ici. Ou peut-être parce que j’ai toujours eu l’habitude de  faire le voyage en voiture, de A à Z, étape par étape, avec toute l’excitation qui s’y mêle, en famille. Est-ce que c’est comme si j’avais loupé une étape ? En tout cas je repense à mon « nord portugais », le village où j’ai l’habitude d’aller. 100% portugais. 100% authentique, je le redis (c’est vraiment le mot qui me vient à l’esprit quand j’y pense). Mais ce matin en me promenant le long du Tage, j’ai aperçu le Cristo Rei et le Pont du 25 avril, juste là sur ma droite, au loin, sans vraiment m’y attendre. Et ça m’a ému. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était le cas. C’est là sans doute que j’ai compris que j’y étais vraiment, au Portugal, dans la capitale. En voyant au loin ces deux symboles lisboètes, j’ai réalisé où je me trouvais réellement. Le village que je connais n’a rien à voir, en effet, mais la capitale est à faire. Ses maisons colorées, ses petites ruelles, ses « miradouros » qui offrent une vue imprenable sur la ville, ses tramways… un plaisir pour les yeux. Et quant aux églises, après avoir visiter aujourd’hui celle de São Roque (qui a résisté au tremblement de terre de 1755) dans les hauteurs du quartier du Bairro Alto, je suis convaincue que les églises portugaises font parties des plus belles  !

En peaufinant cet article ce soir, allongée sur mon lit, j’entends par la fenêtre le bruit de la pluie qui tombe sur le sol pavé de la rue Augusta, en entendant la célèbre chanson « Uma casa portuguesa » d’Amália Rodrigues, chanteuse de fado très connue dont la chanson fait partie du film « La cage dorée », que j’adore. Je me sens étrangement bien. Será que este país poderia ser a minha segunda casa ?

 

Portugal : le retour quatre ans plus tard

Après les aléas du voyage (mon avion avait une heure et demie de retard ; il faut bien une première fois à tout), je mets enfin les pieds sur le sol portugais, après quatre ans sans y avoir posé ne serait-ce qu’un orteil. Ce que je préfère le plus à chaque fois que j’arrive à destination, c’est observer les panneaux écrits dans la langue du pays et entendre les gens parler tout sauf le français. Aujourd’hui, c’est entendre une langue qui a bercé mes étés et même certains de mes Noëls qui me fait le plus plaisir.  Ça y est, je suis arrivée.

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Ma destination automnale

Cet été, j’ai passé quatre mois en tant que stagiaire au sein d’un hôtel quatre étoiles, dans la ville où j’étudie. Mes parents et mes sœurs allaient partir fin juillet pour quelques semaine3s de vacances au Portugal. Un jour, à table, j’ai dit à mon père que je voulais partir moi aussi. J’avais tout calculé, me demandant si je pouvais partir avec eux, rester une semaine là-bas puis rentrer en avion. Mais avec mon stage, c’était impossible. Quelques jours plus tard, j’ai regardé mon père en lui disant : « Je me prendrais bien des vacances à Lisbonne, j’ai vraiment envie de partir ». Ni une ni deux, j’ai regardé les activités à faire dans la capitale portugaise, le temps qu’il y fait généralement à cette période de l’année, les logements et surtout, le prix des billets d’avion. Mon choix était fait : je prendrai mes vacances en automne.

C’est donc seule quelisbonne-go je partirai explorer une capitale qui me tient à cœur, emportant avec moi mon appareil photo et mon goût pour le voyage. J’ai annoncé début août à mes parents, par téléphone, que mes billets d’avion étaient réservés : « Alors, il fait beau chez vous ? Au fait, ça y est, j’ai réservé mes billets ! ». Ils ont tout de suite compris que je ne plaisantais plus. Un soir, j’ai eu ma grand-mère au téléphone. Elle m’a avoué que dans la famille, personne ne croyait au fait que je partirais seule ! Et pourtant si, mamie et les autres, je m’en irai bien seule, avec pour unique compagne ma valise et tout ce qu’elle pourra contenir. « Tu sais Laura, tu devras faire attention à Lisbonne, s’inquiète ma grand-mère. Seule comme ça, à l’étranger, dans une grande ville en plus, il faut faire gaffe ». Je sais mamie, je sais.

but septembre, les auberges de jeunesses étaient réservées, les billets d’avion confirmés, l’itinéraire décidé. Je décolle dans J-2. Avion

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Ελλάδα : to sum up

Yey

Pour me souvenir de ce séjour grec, j’ai eu l’idée d’en faire une vidéo. Voici donc notre voyage de deux semaines résumé en 15 min. Monuments, restaurants, plages… c’est une mosaïque de souvenirs qui compose ces quelques minutes !  Holidays off, memories on.

J’ai déjà tellement hâte de repartir…Avion

 PS: Oui je sais, ça bouge pas mal par moments. Sorry, I’m not a professional.

Greece : come back

Billet d’humeur #1

Hello, ou plutôt γεια σου (prononcé yassou) comme ils disent là-bas,

Je suis revenue de mon voyage en Grèce hier. Après avoir profité d’un super temps estival à Athènes puis sur l’île de Rhodes, c’est compliqué de revenir à la réalité française : nous ne sommes qu’au printemps et les températures qu’il y a ici l’après-midi sont celles que nous avions là-bas le matin… Athènes est une belle ville antique et la ville de Rhodes sur l’île éponyme est bordée par son port ainsi que la mer. Lindos, une autre ville de l’île, nous a épatée avec son eau claire à 18°c et son paysage parsemé de maisons blanches ! Et si on parlait de la vie là-bas ?

Une fois arrivées à Athènes après nos 3h d’avion, la première épreuve a été de déchiffrer la langue. Heureusement, j’avais prévu le coup : j’avais, dans mon portable, l’alphabet grec et sa transcription dans notre langue. Lorsque le nom des plats ou des rues sont traduits en anglais ou dans notre alphabet, ça va. Mais lorsque les arrêts de bus ne sont absolument pas traduits, alors là ça devient un vrai casse-tête. Exemple avec le nom de notre arrêt de bus : Λυσσιατρειο. Sa transcription donne « Lussiatreio ». Au début c’est amusant, mais ça finit vite par nous agacer. On commence à déchiffrer les trois premières lettres puis on finit par dire à l’autre : « Oui et bien une fois là-bas, on devra trouver un bus qui puisse nous ramener à  « LUSS » quelque chose ». Qui a dit que nous n’étions pas patientes ?

DSCF4869.JPGToujours pour en revenir à la langue, ça a été folklorique le jour ou nous avons voulu lancer une machine à laver… le programme était écrit en grec. Comment savoir la signification des mots ? Au cours d’une conversation avec nos hôtes, nous leur avons donc posé la question. Très serviables, ils nous ont rappelé 5 fois pour trouver une solution. Très serviables, je vous dis !

Mais cela devient encore plus compliqué lorsque certains Grecs ne parlent que très peu anglais. Les phrases qui revenaient régulièrement dans nos bouches étaient : « Oh, we don’t speak Greek / Do you speak English ? ». Souvent, on nous demandait : « Vous êtes françaises ? ». Et vous savez quelle a été la réponse de l’un d’entre eux à la question « Oui, comment vous savez ? » ? C’est parce que nous avons soi-disant un mauvais anglais qu’ils le devinent…

En tout cas, les Grecs viennent facilement vers nous, même si beaucoup pensent qu’un Français vient forcément de Paris. Au début de notre séjour, nous avons croisé un jeune Grec qui nous a entendu parlé. Il s’est alors mis à parler français avec nous, finissant par nous souhaiter un bon séjour à Athènes. Un autre jour, alors que nous attendions le bus, une vieille dame a demandé à Marion de l’aider à accrocher une petite broche dans son écrin, sans doute par peur qu’elle ne tombe, ce qu’a fait Marion. La mamie lui a alors fait un bisous, la remerciant chaleureusement. Une autre fois encore, alors que nous marchandions, une dame a gentiment discuté avec nous, nous expliquant qu’elle avait fait l’ENA en France et qu’elle adorait notre langue. A Rhodes, notre hôte souhaitait même nous inviter à une fête à l’occasion de son anniversaire, mais nous devions partir la veille de celle-ci.

Alors oui, même s’ils ne parlent pas tous anglais, les Grecs sont gentils. Mais lorsque l’on prévoit des activités à faire et que l’on se rend compte une fois sur place, que l’Agora d’Athènes est seulement ouvert de 8h à 15h, on déchante vis-à-vis de leurs horaires. On a marché, marché, marché, pour finalement ne pas pouvoir entrer ? La blague ! On avait l’impression qu’on se fichait de nous, que tout était calculé, vous savez, comme dans le film « The Truman show » avec Jim Carrey. Heureusement, on est des filles et on relativise : tant pis, on aura des mollets en béton. Et puis bon, ils sont mignons avec leur « nes café » pour désigner un café français sur la carte de leurs restaurants.

Paul

En parlant de restaurant, les plats suivants sont typiquement grecs : tzatziki, souvlaki, moussaka, gyros… Il y en a pour tous les goûts. Les plats que nous avons goûté nous ont en tout cas bien plu. Nous avons également mis les pieds dans un McDonald. Bon, je sais, on ne peut pas parler de restaurant à proprement dit mais plutôt de Fast food. Nous avons été surprises par les prix ! Là-bas, un McFlurry coûte 2€25 et leur « Greek Mac » à 3,55€ est tellement bon : ce sont deux steak hâchés, une sauce au yaourt, des oignons, des tomates et de la salade, le tout servi dans un pain pita. En plus de ça, il est possible d’avoir un menu Big Mac pour 5€40 (4€30 avec bon de réduction), avec possibilité d’acheter seulement le sandwich à 3€35, au cas où on aurait une petite envie de burger au goûter. Et comme nous parlons de nourriture, parlons des courses ! Taxée à 23%, ça fait mal… Nous n’avons pas trouvé certains produits de base que nous trouvons en France. J’ai même lu sur un site que les lardons, la crème fraîche, le jambon et les steak hachés tels que nous les connaissons, n’existent pas là-bas. La viande coûte très chère et le surgelé aussi.

Concernant les activités des Grecs, nous avons compris qu’ils en aimaient une en particulier : jouer. Jouer aux jeux, du genre ceux que l’on gratte. Mais là-bas, c’est carrément un lieu qui est dédié à ceci et il y en a PARTOUT. C’est un peu l’équivalent chez nous de nos bars-tabac sauf que là-bas, il n’y a ni boisson, ni tabac. Juste des écrans avec des matchs de football pour parier et des tickets à gratter. En parlant de tabac, ils ont la possibilité de fumer dans certains lieux publics : bars, restaurants etc. Un conducteur de bus ou de taxi peut très bien allumer une cigarette, sans que personne ne dise rien (et ça peut vite devenir gênant, surtout lorsque l’on se trouve juste derrière le conducteur, oui oui). Ah oui, et petit fun fact aussi puisqu’on parle de choses inhabituelles pour nous Français : le papier toilette doit être jeté dans la poubelle et non pas dans la cuvette, que ce soit chez soi ou à l’aéroport, le réseau de canalisation étant tellement ancien. Charmant, n’est-ce pas ? « Hey les gars, il y aurait du boulot là, histoire de refaire décoller l’emploi, non ? ». Chose encore plus étonnante, il n’y a pas (en tout cas plus) d’Office du Tourisme à Athènes. Oui oui, vous avez bien lu, no Tourist Office dans la capitale, rien, nada, niente, nichts. Vous voyez, quand je vous disais que l’on avait l’impression que l’on se moquait de nous… ça n’était pas qu’une impression, si ?

Finissons sur ce que l’on pourrait appeler une « anecdote ». A Rhodes, ça a été folklorique pour ma part le premier jour. J’ai voulu ouvrir un tiroir de la cuisine, quand celui-ci m’est quasiment tombé dans les mains. Mais comme ce n’était pas assez, il a fallu que la poignée du volet de ma chambre me tombe aussi dans les mains et que le tube servant à le fermer tombe littéralement chez les voisins du dessous. Heureusement, ceux-ci étaient les parents de notre hôte et sa maman nous a gentiment aidé. La honte… mais en même temps ça m’a fait tellement rire !